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28.11.2007
CONFERENCE DE PRESSE
L'intervention de Jean-Marie Bockel à l'occasion de la conférence de presse de lancement de La Gauche Moderne
Je suis heureux de vous présenter aujourd’hui La Gauche Moderne.
Ce nouveau mouvement politique est pour moi une nouvelle forme d’engagement à gauche dans un contexte particulier, celui de l’ouverture.L’ouverture est un risque partagé
Je crois à la construction de consensus et de compromis.
Je crois à la nécessité de travailler, pour un temps et à un moment donné, à la construction de réformes utiles à l’intérêt général.
J’ai choisi l’exercice des responsabilités, et non l’opposition stérile faite d’affrontements idéologiques et de bataille d’ego.
Nicolas Sarkozy n’a pas choisi un clan pour gouverner contre un autre. Il a déplacé les frontières, tant idéologiques que partisanes. Il n’est pas l’homme des conservatismes, il est l’homme du mouvement et de la réforme.
A travers La Gauche Moderne, je souhaite librement contribuer à notre ambition commune : faire bouger la France, la mettre à l’heure du monde sans rien perdre de son histoire et de ses valeurs.
Dans cette aventure, je suis fidèle à moi-même (« de gauche, je suis, de gauche, je reste ») cad fidèle à mes valeurs, à mes idées et à ma pratique.
J’ai défendu ouvertement, avec constance mais en vain, des idées qui auraient pu contribuer à la rénovation idéologique du PS et assurer son succès électoral.
J’ai porté dans ma motion « Pour un socialisme libéral », présentée au congrès du Mans en 2005, de nombreuses propositions qui constituent pour l’essentiel la feuille de route des réformes entreprises par l’actuel gouvernement.
J’avais salué, parmi les premiers, le travail de refondation entrepris par les travaillistes anglais. Ils ont osé dire ce qu’ils allaient faire et ils ont su procéder en amont du pouvoir à leur aggiornamento idéologique. Ils ont forgé de nouveaux outils d’action en demeurant fidèles à leur ambition sociale .
J’ai appelé de mes vœux la naissance d’une « troisième gauche », d’un social libéralisme à la française, qui aujourd’hui et avec vous prend enfin corps.
Le PS a marginalisé ma démarche et n’a effectué ni refondation, ni rénovation.
Il s’est détourné de sa nécessaire modernisation tant idéologique que structurelle.
Le travail de refondation n'a pas été effectué par la gauche. Il éloigne durablement les socialistes français de l'exercice des responsabilités qui est pourtant la raison d'être de l'engagement politique.
Il revient donc à La Gauche Moderne de porter en France la voix des gauches européennes qui, du nord au sud, ont su à la fois rénover leurs outils d’action et accomplir les réformes nécessaires.
Leur pragmatisme, leur attention conjointe à l’efficacité et aux solidarités, leurs résultats économiques et sociaux, montrent que la gauche, lorsqu’elle sait se moderniser, à vocation à agir et à transformer la société.
Demain, La Gauche Moderne, à l’invitation de Tony Blair que je viens de rencontrer, participera à la construction d’une gauche européenne sociale et libérale, en compagnie notamment de Walter Weltroni, le Maire de Rome.
Dans notre pays, la gauche de contestation (toujours vigoureuse mais vide d’actions) et la gauche de gestion (souvent honteuse, incapable de réconcilier le dire et le faire) ont échoué.
Les partis de gauche, et singulièrement le Parti Socialiste, ont trahi.
En gouvernant brièvement à rebours de leurs discours, en vivant de synthèses émollientes, en récitant des dogmes et en maniant les solutions du passé, ils ont trahi leurs valeurs et leur raison d’être.
Ils sont devenus des partis conservateurs, coupés de la société et ennemis du changement.
La gauche n’est plus que « ce grand cadavre à la renverse » (Bernard Henri Lévy) dont nous devons, ici et maintenant, prendre la relève.
La Gauche Moderne n’est rien d’autre que la gauche lorsqu’elle sait être fidèle à elle-même, la gauche attentive à la justice et au partage, à l’action publique et à l’existence collective.
Mais aussi la gauche qui donne à tous les moyens d’être libre, qui encourage les libertés et l’esprit de responsabilité.
Nous avons rêvé d’une gauche décomplexée, favorisant l’activité économique pour peu qu’elle se conjugue avec le progrès social, assumant le rôle de l’entreprise comme producteur de richesses et acteur responsable, construisant la mondialisation sans se contenter d’en dénoncer les méfaits.
Nous en avons rêvé, faisons le !
Cette gauche sait inventer de nouveaux outils d’action, cette gauche ne renonce pas car elle agit, car elle transforme la société à petits pas.
Alors oui, c’est en agissant et en contribuant librement aux réformes en cours que La Gauche Moderne jette les fondements d’une nouvelle gauche, celle du temps présent avant d’être celle de demain.
Croissance durable et relance du pouvoir d’achat, modernisation de l’Etat, réforme de notre protection sociale, nouvelle démocratie, défense des solidarités et de l’égalité réelle, attention portée à la cohésion sociale, affirmation d’une République unie dans sa diversité : j’ai porté, nous avons porté, et continuerons à porter, ces principes d’action.
Assouplissement des 35 heures, fusion entre l’ANPE et l’UNEDIC, réforme du contrat de travail, réforme de la fonction publique, revenu de solidarité active, réforme des retraites, autant de chantiers qui étaient déjà les nôtres. Autant de chantiers qui requièrent du pragmatisme et de l’équilibre, autant de chantiers dont nous avons vocation à défendre l’esprit et à enrichir le contenu.
La Gauche Moderne entre dans le débat public.
Et entend se saisir des priorités qui sont celles des Français.
Aujourd’hui les violences urbaines confrontent à nouveau notre pacte social et républicain à ses failles et à ses échecs.
Le constat est partagé : «Faire société » ne va plus aujourd'hui de soi.
Avant d'être de droite ou de gauche, la sécurité est un défi pour tous les républicains.
Nous avons besoin d'un compromis minimal qui, sans effacer les différences, ne remette pas systématiquement en question les orientations fondamentales. Il s'agit d'un enjeu de cohésion nationale qui mérite que l'on soit capable de dépasser les préoccupations partisanes.
De même, la relance du pouvoir d’achat constitue une urgence sociale.
C’est aussi l’occasion pour La Gauche Moderne de proposer des pistes de réflexion et des solutions.
Ces propositions doivent être à la fois crédibles (on ne peut distribuer que la richesse que l’on produit) et ambitieuses (le partage de la valeur ajoutée ne se fait pas spontanément).
- Augmenter la Prime Pour l’Emploi en la concentrant sur un nombre plus restreint de bénéficiaires (en lien avec le RSA de Martin Hirsch)
- Développer les prêts hypothécaires
- Ajouter à la défiscalisation du travail étudiant, le développement des prêts préférentiels.
- Lier l’exonération ou la modulation des cotisations sociales à la hausse de la masse salariale (embauches et/ou augmentations de salaire).
- Extension du système des stock-option, de l’intéressement et de la participation avec une possibilité accrue de les débloquer
La Gauche Moderne est une force de proposition qui a choisi d’être un parti politique afin de peser de tout son poids dans le débat d’idées et dans la conduite des réformes.
Nous publions aujourd’hui un livre manifeste (merci à notre éditeur Christophe Chomant). Il présente la philosophie de notre démarche ainsi que son application à l’entreprise, thème d’un premier volume de contributions thématiques que nous éditerons régulièrement.
Par ailleurs, nous lançons aujourd’hui notre site Internet (www.lagauchemoderne.org) proposant un partage de documents multimédias, un espace de débats aux internautes et un lieu de travail pour les adhérents.
Notre parti est aujourd’hui en ordre de marche.
La Gauche Moderne est une fédération associant différents mouvements ou clubs existant, comme La Diagonale, cher Thierry Coudert, et demain d’autres composantes.
Je salue la présence dans cette salle d’Alternative libérale, du club Héritage et Progrès dont le Président Christian Julienne nous rejoint à Gauche Moderne. Nous avons des points communs et je souhaite travailler avec ces différents mouvements dans un avenir très proche.
Plusieurs personnalités nous ont rejoint et sont ici présentes :
Georges-Marc Bénamou, qui fut longtemps le compagnon de route de F. Mitterand et qui est aujourd’hui celui d’un autre Président, Nicolas Sarkozy. J’ai la chance de pouvoir travailler à ses cotés, comme SE chargé de la coopération sur le dossier de l’audiovisuel extérieur.
Les sénateurs Daniel Marsin, retenu en Guadeloupe, et Georges Othily, sénateur de Guyane, qui rejoignent Gauche Moderne et qui, au sein du RDSE, vont constituer le pôle Gauche Moderne du groupe de l’ouverture sénatorial. Je tiens d’ailleurs à remercier et saluer Pierre Laffitte, Président du RDSE, qui a encouragé très fortement notre présence dans son groupe,
Marielle Gallo, avocate parisienne, épouse de Max, qui se présentera à Paris,
Gaston Kelman, écrivain, ancien du Parti Socialiste, qui a fait, comme moi le constat que la rénovation socialiste était impossible. Il nous dira quelques mots sur son engagement,
Yves Uriéta, le Maire de Pau, que Gauche Moderne va fortement soutenir dans sa campagne,
Sophia Chikirou, ancienne porte-parole de Laurent Fabius, membre du Conseil National du PS et du bureau fédéral parisien.
Guy Durbec, ancien député et sénateur socialiste du Var,
Jean-François Pascal, ancien Délégué National du PS,
Michèle Striffler, ancienne secrétaire de section PS et responsable fédéral
Je ne peux citer tout le monde mais simplement indiquer qu’ Olivier Poivre d’Arvor a également décidé de participer aux travaux et réflexions de Gauche Moderne. Yves Michaud a exprimé tout son intérêt pour notre démarche.
De nombreux autres élus nous ont rejoints, Jean-Marie Desfossez, adjoint au Maire de Valenciennes, Philippe Sanmarco, conseiller municipal de Marseille, David Melloni, ancien secrétaire de section PS à Toul et responsable fédéral, que j’excuse pour leur absence aujourd’hui.
Je suis en discussion, vous le savez déjà, avec Jean-Marie Cavada, qui a déjà exprimé toute sa sympathie pour Gauche Moderne. Nous nous reverrons dans les jours qui viennent pour en rediscuter. Il m’a demandé de vous délivrer le message suivant :
« Je salue et j’encourage la rénovation de la gauche, qu’incarne aujourd’hui la démarche de Jean-Marie Bockel et de La Gauche Moderne, pour insérer notre pays dans le monde des réalités économiques et sociales, notamment en Europe ».
Je tiens, avant de citer et remercier les présents, à excuser l’absence du Premier Ministre qui a eu la délicate attention de m’adresser une lettre d’encouragements pour le lancement de Gauche Moderne. Je tiens à vous lire quelques passages de cette lettre que vous trouverez dans le dossier de presse:
« La naissance d’un nouveau mouvement politique est toujours un signe de vitalité démocratique. C’est encore plus vrai lorsque c’est une force politique qui bouscule la donne, qui se veut résolument ouverte et constructive. Voilà pourquoi je me réjouis de saluer le lancement de la Gauche Moderne.
Nicolas Sarkozy a osé placer l’ouverture politique au cœur de sa démarche présidentielle. Et toi, Jean-Marie, tu as osé saisir cette main tendue. Ce nouveau souffle qui traverse la vie politique se retrouve aujourd’hui dans l’équipe gouvernementale, au sein de laquelle je suis fier de te compter.
Avec la création de « Gauche Moderne », c’est une nouvelle famille politique et intellectuelle qui prend naissance. Une famille que le parti socialiste, par son conformisme et sa rigidité, n’a jamais su ou voulu véritablement écouter et respecter. Une famille qui revendique son identité sociale libérale. Une famille indépendante, qu a décidé de contribuer à l’action réformatrice de la majorité présidentielle. Une famille qui, le cœur à gauche, a choisi d’agir pour la France sans pour autant renier ses valeurs ; le volontarisme politique, le mérite républicain, la démocratie sociale, la rénovation de la puissance publique et des services publics, l’alliance entre les libertés et les solidarités, entre l’efficacité économique et le progrès social.
Avec vous et grâce à vous, nous pouvons réformer plus vite et plus profondément. Au sein du gouvernement, je veux vous dire que votre sensibilité est un atout et que votre voix singulière est écoutée.
Je t’adresse, cher Jean-Marie, à toi et à toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans ta démarche, tous mes encouragements. C’est un formidable pari que vous avez décidé de relever. Ce pari, beaucoup de Français peuvent y être sensibles car ils sont nombreux à attendre autre chose de la gauche. Avec vous, une gauche moderne se lève enfin ».
Un grand merci à Bernard Kouchner qui ne peut être là aujourd’hui mais qui m’a demandé de bien vouloir l’excuser et témoigner devant vous de son soutien et de ses encouragements pour le lancement de La Gauche Moderne.
Un grand merci enfin à tous les Ministres et personnalités présentes pour leur soutien amical et leurs encouragements :
Roger Karoutchi,
Christian Estrosi,
André Santini,
Alain Marleix,
Et Rama Yade.
Les Maires de Grandes Villes André Rossinot, Gilles de Robien et Michel Thiollière…
Les parlementaires Frédéric Lefebvre, député des Hauts de Seine et Aymerie de Montesquiou, sénateur du Gers,
Basile Boli,
Lynda Asmani, tête de liste de la majorité présidentielle dans le 10é arrondissement de Paris,
Je tiens enfin à saluer tous les militants, qui sont plus de 600 implantés dans l’ensemble des régions françaises, particulièrement celles et ceux qui ont eu à cœur de faire le déplacement.
La Gauche Moderne dispose aujourd’hui de plus de 100 candidats répartis sur l’ensemble du territoire et notamment dans :
- une quinzaine de grandes villes de + de 100 000 habitants (notamment à Paris Lyon Marseille)
- une trentaine de villes entre 10 000 et 100 000 habitants
Ensemble nous irons au devant des Français, avec l’envie partagée de faire bouger notre pays, de donner à la gauche un nouveau souffle.
La Gauche Moderne est en route, merci à toutes celles et à tous ceux qui la feront vivre !
18:42 Publié dans DISCOURS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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