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31.10.2007
Le pari de La Gauche Moderne
Au moment où l’ouverture suscite tant d’attention, louée ou critiquée, je souhaite apporter mon témoignage de Ministre et d’homme de gauche impliqué dans l’action nouvelle impulsée par le Président de la République.
L’ouverture, c’est à la fois l’équilibre, l’espoir et le refus.
L’équilibre entre l’attention portée aux libertés et aux solidarités, entre le tout Etat et le tout libéral. L’espoir pour toutes celles et tous ceux qui ne croient plus à l’utilité de l’action publique parce qu’elle est trop souvent l’objet d’intérêts particuliers et de corporatismes dépassés. C’est aussi le refus des luttes de clans, prisonniers de leurs idéologies et formatés par une culture politique sans prise avec le réél. Les français ne veulent plus de ces vieilles politiques !
L’ouverture est aussi et surtout une chance offerte à notre pays pour que soit conduite une action volontariste, réformatrice et pragmatique. A un moment donné et pour un temps donné, je crois à la construction de consensus nécessaires à la conduite des réformes. C’est enfin, pour moi, une chance donnée aux idées que je défends depuis toujours au nom d’une Gauche Moderne et responsable.
Pragmatisme, équilibre et réformes fondent la ligne politique dont je ne me suis jamais détourné. Ce qui m’a valu au mieux l’indifférence, au pire le mépris de ma famille politique. Cette ligne, c’est le social libéralisme. Partout en Europe, en Angleterre, en Italie, en Espagne, les partis progressistes gouvernent en son nom.
Cette ligne, c’est l’attention portée à ce qui marche et aux résultats. La synthèse entre l’efficacité économique et le progrès social. La mise en mouvement de la société et des territoires, la rénovation de la puissance publique, la promotion d’une nouvelle démocratie sociale et politique. C’est enfin l’attention portée à la cohésion sociale, à la responsabilité individuelle, aux règles partagées et à l’échange entre les droits et les devoirs.
Le programme du candidat dépassait déjà les frontières idéologiques. La feuille de route du Président comme du gouvernement confirment ce nouvel élan.
En entrant au gouvernement, je ne renie ni mes engagements ni les valeurs auxquelles je crois, car l’essentiel de l’action gouvernementale est aujourd’hui sociale libérale et réformatrice.
La mise en place du Revenu de Solidarité Active, la défiscalisation des revenus du travail pour les étudiants, la défiscalisation des heures supplémentaires d’abord à destination des salariés modestes, la mise à contribution des stocks option pour financer la protection sociale, sont autant de réformes sociales libérales.
L’assouplissement des 35 heures avec une part plus grande donnée à la négociation d’entreprise et de branche, la promotion du temps choisi grâce à la possibilité donnée aux salariés de convertir leur compte épargne temps en argent, la fusion entre l’ANPE et l’UNEDIC permettant un suivi plus efficace des chômeurs, relèvent d’une politique sociale libérale.
La négociation entre partenaires sociaux sur la fléxi-sécurité et le contrat de travail afin d’échanger une nouvelle fluidité contre de nouvelles protections constitue un autre exemple.
De même, comment ne pas encourager une réforme des retraites fondée sur l’équité, sur la prise en compte de la pénibilité et la revalorisation des petites retraites et des pensions de réversion ?
Je salue tout autant la réforme annoncée de l’Etat et de la fonction publique. J’y vois un projet social libéral, pragmatique, encourageant l’autonomie, la responsabilité et l’efficacité, recherchant le meilleur bénéfice social au meilleur coût. Un projet qui repose sur l’amélioration conjointe du statut et des carrières des fonctionnaires, de la nature et de la qualité des services publics, du coût supporté par les contribuables. Amélioration du pouvoir d’achat, mobilité à l’intérieur du service public, valorisation des personnes, des compétences et des expériences, individualisation des rémunérations : la gauche italienne l’a fait, le gouvernement le fera !
J’avais préconisé la plus grande partie de ces mesures dans la motion intitulée « Pour un socialisme libéral » que j’avais présentée au congrès du PS. Qui peut dire aujourd’hui que je trahis mes idées?
Ce social libéralisme, je l’applique d’abord à mon action ministérielle, en tant que Secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie. La nécessaire réduction des inégalités de développement, facteur de justice et de paix, suppose de tenir un discours de vérité, de faire le choix de l’investissement et du partenariat, et non de l’assistance. Elle suppose de rompre avec les politiques de complaisance. Nous relèverons les défis du développement international en différenciant les modalités d’aide en fonction des niveaux de gouvernance, en recherchant une efficacité toujours plus grande, à travers l’évaluation systématique de nos actions et de leur impact. L’heure est aussi à la formation de coalitions réunissant, au-delà de l’Etat, les collectivités locales, les entreprises, les fondations, les ONG et les migrants.
C’est aussi au nom de ce social libéralisme, au nom de ma liberté d’homme de gauche, que je souhaite développer un soutien attentif, libre, voire critique, toujours constructif.
Cette libre parole, j’ai décidé de continuer à la porter au sein d’un nouveau parti politique : Gauche Moderne. Social libéral, il soutiendra toutes les initiatives qui conduiront à promouvoir des réformes efficaces, justes, solidaires et responsables. Il s’inscrit pleinement dans la volonté de favoriser toutes les démarches d’ouverture.
Du sommet de l’Etat à l’échelle de nos communes, nos concitoyens, lassés des combats idéologiques d’arrière-garde, souhaitent que nous agissions au nom de l’intérêt commun. Je crois particulièrement à l’entente communale et souhaite la promouvoir, dans ma ville de Mulhouse et partout où elle sera possible.
Gauche Moderne accueillera toutes celles et tous ceux qui, au niveau national comme au niveau local, souhaitent contribuer ici et maintenant aux réformes qui enfin s’engagent en France.
Jean-Marie BOCKEL
Secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie
Maire de Mulhouse
12:55 Publié dans TRIBUNE | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



Commentaires
Vous avez bien failli me faire adhérer au PS avec votre motion en 2005, mais j'avais été rebuté par son score liliputien. Malgré tout, vous n'aviez pas renoncé à vous battre dans l'océan de conservatisme socialiste.
Lorsque vous avez rejoint le gouvernement, j'ai été déçu. Mais à votre décharge j'ai parfaitement compris que vous aviez renoncé à lutter presque seul au PS.
Mais pitié, n'essayez pas de nous faire croire que Sarkozy serait devenu l'espoir social-libéral !!!
Il n'y a rien, absolument rien qui ne dévie dans ses actions du "tout-Etat". Ne participez pas par votre soutien au dénigrement du libéralisme. Cette belle idéologie n'a vraiment pas besoin de ça.
Le RSA ? Un pansement supplémentaire au modèle social en ruine, une poussière libérale qui ne sera d'aucune efficacité sans une refonte complète dudit modèle.
Les défiscalisations ? Quelques coups de rabot à la marge, et certainement pas aux endroits ou il y avait le plus besoin.
La réforme de l'Etat ? L'allure annoncée nous laisse présager sa fin dans les 3 ou 4 siècles.
...
Je n'irai donc pas jusqu'à dire que vous trahissez vos idées, mais pour le moins que la passion vous rend aveugle. Si Sarkozy était certainement le moins mauvais choix de l'année, votre ralliement me semble excessif.
Un libéral qui a cru en vous,
et qui espère encore ?
Ecrit par : Jérôme HUBERT | 31.10.2007
Vous avez raison d'espérer encore !
D'abord, influer sur la politique du gouvernement de l'intérieur, plutôt qu'en gesticulations inaudibles d'opposants non crédibles, n'est pas de l'aveuglement, ni même de la passion, mais au contraire du pragmatisme. Etre au gouvernement ne veut pas dire que l'on soutient tout. JMB est tenu à une solidarité gouvernementale, mais d'autres membres du parti peuvent dire tout haut leurs doutes quand il y en a.
Ensuite, il semble que JMB et son parti Gauche Moderne soit très proche de vos idées. Vous avez des doutes, des questions. Le meilleur moyen de voir vos idées s'affirmer et de ne pas rester au bord du chemin en attendant l'homme (ou la femme) providentiel(le) qui pensera exactement comme vous. Si Gauche Moderne représente un bon compromis par rapport à vos idées, rejoignez ce parti. Investissez-vous. Aidez-le à réussir. Ainsi, vos idées seront dignement représentées. Le libéralisme est une belle idée. C'est surtout un programme d'action politique.
Ecrit par : Simon-Pierre T. | 07.11.2007
Me voilà en accord avec la gauche, parce que je la vois oser ici, parce que je la vois prôner ici le libéralisme social, parce que je la vois combattre ici les conservatismes et les archaïsmes du Parti Socialistes, parce que je vois ici une gauche moderne.
Cependant, je reste un homme de centre-droit. Et je dois aussi vous dire que, loin de vous renier, j'ai quand même adhéré à un autre parti : le Nouveau Centre aussi connu sous le nom de Parti Social Libéral Européen, voyez comme c'est proche ! Je vous demande de me répondre et, si vous en avez le temps, me dire ce que vous penseriez d'un rapprochement ne serai-se que électoral entre le Nouveau-Centre et la Gauche Moderne.
Ecrit par : Maxime M. | 19.11.2007
Je n'ai jamais été un militant de quelque parti que ce soit jusqu'ici bien que de sensibilité de droite.
Votre démarche courageuse et pragmatique me semble aller dans le bon sens, à savoir rassembler toutes les énergies volontaires et disponibles au service des intérêts de la France et des français.
Le sectarisme politique (de tous bords) a causé beaucoup de désagréments et ce n'est pas renier ses idées que de se mettre en situation de faire progresser les choses par l'action et non par des formules creuses trop souvent utilisées.
Ecrit par : Pierre EHLINGER | 28.11.2007
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